Sigmund Freud le père de la piscoanalisi

Sigmund Freud le père de la piscoanalisi

par Jean Fourton

  • 73 ans après la mort de Freud, on découvre qu’il a donné à ses frères en loge la primauté de ses travaux. Ainsi, le travail sur le rêve, voie royale de l’inconscient, fut, pour la première fois, dévoilé en loge en 1897.
  • Voici exposé un complément de biographie qui rend le médecin viennois à la fois plus proche, plus fragile, plus intime, mais aussi plus mystérieux. Un homme capable de parler à tout le monde de théories complexes qui ont bouleversé notre compréhension de l’homme.
  • Cette “révélation” est le maillon manquant dans la chaîne du roman et du savoir freudiens.
  • Quarante-deux ans de fidélité discrète au B’nai B’rith. Freud n’a été si longuement et fermement assidu à aucune autre institution au cours de sa vie. Pourtant, il se disait sans conviction confessionnelle.
  • L’auteur analyse ici les relations fructueuses, mais méconnues, que Freud a entretenues avec le B’nai B’rith et la transmission, jusqu’à aujourd’hui, d’un silence à ce sujet. vL’auteur a longuement étudié les archives du B’nai B’rith et les archives freudiennes de Washington désormais accessibles au grand public.

La loge maçonnique, un refuge chaleureux et attentif pour l’exclu que Freud était

Au XIXe siècle règne un climat résolument hostile aux Juifs, tout particulièrement dans la capitale autrichienne. Au printemps 1897, l’année d’acceptation de Freud au B’nai B’rith, l’empereur François-Joseph cède à la pression de l’opinion publique et accepte un militant antisémite, Karl Lüger, comme maire de Vienne. La tension est vive…

Les motivations justifiant que Freud se tourne vers la franc-maçonnerie sont probablement multiples, mais deux d’entre elles s’imposent : l’isolement et l’état dépressif traversés par Freud. En raison des découvertes qui scandalisent son époque, à peu près tout le monde, sauf son ami et médecin Edmund Kohn, lui tourne le dos. De surcroît, en octobre 1896, Freud perd son père Jakob, ainsi que son père spirituel, Jean-Martin Charcot.

Pour le sortir de son isolement, Edmund Kohn suggère à son patient sérieusement dépressif de déposer une demande d’entrée au B’nai B’rith, dont il fait lui-même partie. Il propose de le parrainer. L’initiation de Freud aura lieu deux ans après sa demande, le 29 septembre 1897, à la loge Wien.

Freud ne trouvera nulle part ailleurs que dans cette loge un secours, un refuge, un accueil aussi solidaire, chaleureux et attentif. Il y restera fidèle durant quarante-deux ans et en fera un usage privilégié. Car une loge est un échantillon, un miroir de la société. Freud y rencontrera des individus appartenant à des horizons socio-professionnels extrêmement divers. Elle deviendra son premier auditoire, avant même les facultés et les sociétés savantes.

Cette incise biographique n’est en rien anecdotique. Au contraire ! Le fait que Freud fut franc-maçon a une importance capitale dans l’histoire et la transmission de la psychanalyse. « Imaginons que, de génération en génération, on se repasse presque religieusement un livre auquel manque une page. Il y a des limites à naviguer sans visibilité. Surtout quand le domaine clinique est concerné. [...] Dans les repères chronologiques de l’histoire freudienne, il y a d’habitude un trou, entre 1895 et 1900, comme si rien ne s’était passé, notamment en 1897… » Quel sens donner à cette étrange absence ? L’auteur nous éclaire dans cet ouvrage.

Un intérêt historique fondamental

L’appartenance fidèle, mais presque occulte, de Freud, de 1897 à sa mort en 1939, à l’ordre franc-maçonnique du B’nai B’rith et l’usage qu’il fit de l’auditoire de cette institution revêtent un intérêt historique.

Le 7 décembre 1897, Freud donna sa première conférence sur le rêve, la seconde étant programmée le 14 décembre. Encouragé par le succès rencontré lors de ce test, il produira le même travail à l’université de Vienne devant trois auditeurs… De quoi le conforter dans le choix de son nouveau public. Ainsi, il prononcera au moins vingt-sept conférences dans sa loge, ce qui demeure quasiment inconnu aujourd’hui.

Au-delà de ses interventions, Freud s’engage à titre plus personnel dans son obédience. Son sens communautaire prévaut. Par exemple, il fonde à Vienne, en 1900, trois ans après son intronisation, une nouvelle loge qui s’appellera Harmonie, un mot qui fait partie du triptyque de base du B’nai B’rith : Bienveillance-Amour fraternel-Harmonie.

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